Le blog de sentiments-et-soumission

Chapitre 6

Ynès a le sang bouillonnant. Elle ne prend même pas la peine de jeter un oeil à la montagne de courrier  et de prospectus que la boîte aux lettres vomit. Elle n’a qu’une hâte : entendre ce que Séverin a à lui dire.

Ils montent les escaliers des  trois étages quatre à quatre. Séverin ouvre la porte. Ynès note au passage qu’il n’a pas cherché quelles étaient les bonnes clés.

- Tu es déjà venu ?

- Oui ! Deux fois déjà. Depuis que je te connais, je n’ai eu de cesse que d’apprendre qui tu es. Pendant ton sommeil, j’ai erré de longs moments dans cet appartement. Mais je dois avouer que je ne connais de toi que ce que tu m’as dit depuis. Je te jure que je n’ai rien touché ni fouillé.

 - Ce n’est rien, mon amour. Je suis heureuse que tu sois venu. Cela montre combien tu tiens à moi. Je suis fière de savoir que tu es venu ici. Même si tu avais fouillé.

 Ils entrent. Ynès jette le courrier sur la table devant la cuisine. Elle y dépose aussi ses paquets avec plus de soin. Les robes par dessus. Puis se dirigeant vers le meuble bibliothèque, elle ouvre un compartiment secrétaire transformé en bar. Elle prépare deux verres d’alcool. Ils en ont, semble-t-il, besoin l’une et l’autre.

 Séverin s’est dirigé vers la terrasse. Il regarde avec attention par-dessus la balustrade. Ynès s’approche de lui avec les verres. La glace qui fond doucement fait tinter les verres.

 - Tu étais vraiment désespérée pour sauter ainsi. J’ai des frissons rien que d’y penser.

 Ynès s’approche du bord. Curieusement, elle n’a aucune crainte de s’approcher de ce qui avait failli être sa dernière heure. Elle se penche et regarde les vagues qui s’écrasent contre les rochers. Elle sent les mains de Séverin qui accrochent vivement sa taille. Elle se tourne vers lui.

 - Tu as peur que je saute ?

- oui !

 - Je n’ai plus aucune raison de sauter. Même si ce que tu n’arrives pas à me dire est grave, rien ne peut plus me pousser à le faire. Jamais !!!

 Elle lui tend un verre. Séverin le prend. Ils trinquent et boivent à petites gorgées. L’alcool frais coule en eux. Puis il les réchauffe.

 - Je veux savoir maintenant pourquoi tes yeux ont tant de tristesse.

 Séverin boit encore une gorgée, comme pour se donner du courage, invite Ynès à s’asseoir sur le carrelage de la terrasse et pose son verre à côté. Ynès l’imite et prend soin de relever sa robe et de poser ses fesses nues au sol.

 - Lorsque je t’ai quittée, je me suis rendu directement à mon ancienne clinique. Je voulais voir un camarade, chirurgien comme moi, avec qui, durant un temps, j’ai partagé les joies et les peines de l’existence. C’était au temps où je couchais avec tous les garçons qui se présentaient. Ayant un peu les mêmes goûts, nous draguions ensemble. Tu vas peut-être rire mais nous n’avons jamais fait l’amour ensemble. Pourtant les occasions n’ont jamais manqué. Nous avons connu beaucoup de parties carrées. Bref, ce camarade sait tout de moi et moi de lui. Il m’a soutenu pendant ma longue descente aux enfers.

Par chance, le personnel de la clinique s’est beaucoup renouvelé. Les infirmières à l’accueil sont nouvelles et ne me connaissent pas. J’ai demandé à voir mon ami. J’ai appris ainsi, qu’il était devenu patron dans une clinique concurrente de la mienne. Enfin avant....

 Séverin s’interrompt et boit d’un trait son verre. Ynès, prévoyante, a emporté la bouteille. Sans un mot, elle ressert le verre. Séverin attend et lève à nouveau son verre. L’alcool  le grise un peu. Il se détend. Pour permettre à son amant de se détendre encore mieux, Ynès glisse sa main dans sa chemise entrouverte et lui caresse la poitrine, s’attardant sur les tétons.

 - ...Les deux cliniques se faisant pratiquement face, j’ai donc traversé la rue. Mon ami... Je ne t’ai pas dit son nom je crois ?

 Ynès secoua la tête négativement.

 - Marc ! Il s’appelle Marc. Marc donc, a un très bel établissement : moderne, fonctionnel, et huppé. Il a très bien réussi. Je me demande comment il a pu faire vu sa modeste fortune ! Enfin, j’attends quelques instants et je suis reçu. Bureau spacieux et très classe. Je te passe sur les retrouvailles et le rappel des bons moments et nous arrivons au sujet qui nous intéresse.

Ynès se lève et enlève sa robe. Elle a besoin d’être nue pour entendre la suite. Elle pose sa robe sur le lit et revient très vite s’asseoir. Séverin ne put s’empêcher de poser la main sur les seins de la jeune femme. A son tour, il joue avec les pointes en érection et tire doucement sur les anneaux. Les seins se gonflent et se tendent.

 - Marc m’a écouté très attentivement. Puis il prit la parole.

 - «  Mon chez Séverin, comme je te l’ai dit l’autre jour au téléphone; l’intervention est tout à fait possible. Il suffit dès aujourd’hui de retenir une chambre et le bloc. J’ai déjà compulsé mon agenda et l’opération peut être envisagée pour la semaine prochaine. »

Ynès trépigne de joie.

 -Si vite !

 - Attends la suite, s’il te plaît !

 - «  Tu me dis que les seins sont déjà formés. Ils suivront juste un régime grossissant : il faut seulement que tu nous communiques tes mensurations. »

 - Ah ? Tu aimerais que j’aie plus de poitrine ?

 - Ne m’interromps pas tout le temps ! Oui j’ai envie de grosses doudounes.

 - Oh, je n’ai pas envie d’avoir des seins gros comme des pastèques !

 - Je plaisante, mais laisse-moi poursuivre.

 Ynès se dit qu’il est plus détendu maintenant, sauf son sexe qui depuis quelques instants a pris un peu plus de vigueur. De la poitrine, ses mains ont un peu glissé. Elles ont ouvert la braguette. Depuis peu, une main tient fermement le sexe, l’autre flatte les bourses. Elle se concentre à sa tâche et se tait. Elle veut aussi tout entendre et tout comprendre de la suite de la conversation.

Séverin devant le silence d’Ynès poursuit.

 - L’ablation des testicules sera une formalité. Il faudra bien sûr enlever la peau devenue superflus.

- Oui, mais j’aimerais qu’un anneau soit placé au bout de la verge, un anneau qui perce le gland. On appelle cela un Prince Albert ! Et puis un autre anneau à la base du pénis, enfin du clitoris.

- Ah bon ! Pourquoi donc ?

- Ainsi, tu pourrais me mettre un cadenas entre les deux anneaux et je ne pourrais plus du tout bander sans ta permission. Il n’y aurait plus de renflement à mes robes !

Ynès regarde Séverin et lui sourit.

-  Ah, ce sera donc assez original ! Je vote pour mais tu n’auras jamais la clé ! Pour le vagin, les choses sont plus compliquées. Il faut bien sûr, que tu comptes une quinzaine de jours d’hospitalisation pour la première intervention. La mise en place du vagin suivra alors. Je pensais au départ prendre, selon la vieille technique, un bout d’intestin, mais les progrès des prothèses nous permettent de faire mieux et plus simple. Il suffira de placer un tube qui donnera la forme du vagin et le reste de la peau servira à façonner les lèvres. »

 - Un tube, cela ne me plaît pas beaucoup ! Je ne sentirais donc jamais tes pénétrations ?

- Ce sera provisoire. Le tube sera retiré après la période de formation de cet utérus. Nous ne sentirons, ni l’un ni l’autre la différence avec un vrai. La peau vivante donnera la douceur voulue. Cette technique évite le rejet des greffons et simplifie l’intervention puisqu’il n’y a plus d’opération à conduire sur l’intestin. C’est donc plus sûr et plus rapide. »

Séverin s’interrompt. Ynès le masturbe doucement tantôt avec sa main tantôt avec sa bouche. Il aime sentir la bouche tendre d’Ynès s’emparer de son sexe. Il se met à penser très fort aux paroles qu’il vient de rapporter. L’idée de sentir un jour son sexe dans le vagin de sa femme le comble de joie. Marc a sans doute raison.

 - Je pense que Marc est sur la bonne voie. L’opération durera en tout cinq heures et la durée d’hospitalisation sera de 20 jours en tout, y compris les examens préliminaires. C’est long mais très court à la fois. Qu’en dis-tu ?

Ynès ne répond pas. Sa bouche pleine de son homme, elle recherche avant tout à lui extraire du plaisir. Elle se dit pour elle-même que Séverin n’a pas tout dit. Elle ne voit rien là-dedans qui soit anormal. Il fallait attendre la suite...

Séverin se ressaisit. Il fait un gros effort pour revenir à leur sujet de conversation bien qu’il soit le seul capable d’articuler.

- Tu dois te dire que tout cela est banal et ne mérite pas mon désarroi. Je t’ai dit que l’opération était possible mais pas les conditions exigées par Marc.

 - Tu te rappelles sans doute que je t’ai dit que Marc avait été un compagnon de solitude et de turpitude. Nous avons les mêmes goûts. Il n’a pas changé lui non plus. Il veut donc te rencontrer avant l’opération et passer la nuit avec toi.

Séverin a presque tout lâché d’un coup. Il attend maintenant la réaction d’Ynès. Celle-ci ne vient pas. Ynès suce toujours son amant. Sa main est venue en renfort à sa bouche. Toutes les deux exercent une pression et une tension extrême sur la verge complaisante. Séverin se cambre sous l’effet des efforts conjugués. L’explosion arrive. Le sperme gicle tellement fort qu’une partie échappe à la bouche vorace. Le sperme atterrit sur la poitrine d’Ynès qui le rattrape très vite avec ses doigts. Aucune goutte n’eset vraiment perdue. La verge de Séverin mollit lentement.

Ynès reprend son souffle.

- Tu attendais autre chose de ce monsieur ? J’avais compris cela depuis le début. C’est un homme qui aime les femmes comme moi puisqu’il aime faire l’amour avec d’autres hommes. Tu viens, toi compagnon de foutre et de cul, lui demander de transformer un mec en nana, de lui faire de belles doudounes et une chatte en arrachant les couilles au passage. Avoue que sa réaction est normale. Je ne ferai rien sans ton accord mais s’il faut traire ce mec pour être celle que tu aimes, je suis prête.

 Séverin regarde Ynès avec circonspection. Son regard interrogateur, fouille Ynès au fond de ses prunelles. Il y cherche sans doute à comprendre ce qu’elle essaie de lui dire en ce moment. Elle, si douce, lui parle maintenant avec un langage dur et inconnu de lui.

 - Mais chérie, tu te rends compte qu’il veut te prendre et profiter de toi toute une nuit. Une nuit à le recevoir en toi. Une nuit à boire son sperme. Une nuit à être sa pute !!!

 Sans attendre la réponse d’Ynès, il poursuit :

 - Et puis, ce n’est pas tout. Il m’a questionné pour savoir comment je t’avais connue, comment nous vivions. Je lui ai avoué ne rien savoir sur toi mais j’ai dû, malgré moi, lui révéler l’existence de Bénédicte et Antoine. Il a voulu savoir en détails comment tu voyais leur dressage. Je lui ai fait remarquer que tout n’était pas en place et que je ne savais pas tout. Le peu que j’ai pu lui apprendre lui a fait dire:

- «  Ta poule est une pro. Y’a pas de doute. Elle a l’habitude de dresser et d’être dressée, qui sait ? ...

J’ai moi-même une assistante femelle qui ne rêve que de m’appartenir. Mais tu me connais vieux camarade, j’aime mieux une bonne paire de couilles qui ballotent pendant que je défonce le côté pile. C’est plus fort que moi, si je ne peux pas m’accrocher à la branche et la sentir vibrer et mouiller, il me manque quelque chose. Pourtant cette pétasse est assez canon. J’ai quand même envie d’y goûter. Alors, voilà ce que je te propose :

Je pourfends le cul de ta demoiselle toute une nuit. Puis je l’opère gratis. Mais une fois la gonzesse sortit, elle prend en main mon assistante et l’amène gentiment chez toi. Elle la dresse en bonne soubrette à tout faire. Tu auras même le droit de la sauter aussi souvent que tu voudras. Le but est de lui faire accepter la greffe d’une paire de couilles.

En fait, et c’est très marrant, je fais le travail demandé pour toi et tu le prépares à l’inverse pour moi. »

 Ynès rompt le silence qui s’est installé. Séverin se tait. Il attend la réponse de sa femme à tout cela.

 - Mon amour, il est temps que tu apprennes toute la vérité sur moi. Il est nécessaire que tu saches qui j’étais avant de te connaître. Je voudrais que tu me laisses parler sans m’interrompre. Ce que j’ai à te dire sera parfois dur à dire ou à entendre. Mais c’est ma vie. Ma vie passée plus exactement. Je n’en suis pas toujours fière. J’ai même du dégout pour certaines choses. Mais j’ai toujours essayé d’être fidèle à ce que je voulais être. Je me suis parfois trompée lourdement. Le moment présent est le seul en lequel je sois sûre. J’ai très peur de te dire ma vie. Je ne souhaite pas te perdre. Mais si après mes révélations, tu décides que tout est fini, dis le moi immédiatement. Je veux être sûre de nous et de moi pour toujours.

 - J’ai confiance en toi. Je sais que pour en être arrivée à te suicider, c’est que la vie ne t’a pas fait de cadeau. J’ai eu ma part de bosses. Je veux entendre tout ce que tu dois me dire. Je veux tout entendre.

Ynès et Séverin s’embrassent. Le soleil va se coucher. Il suit la ligne d’horizon. Il est rouge et flamboyant. Ynès a l’impression de revivre ce qu’elle a cru être son dernier instant quelques semaines avant. Elle se lance un nouveau défi. Tout dire, tout révéler. L’enjeu est face à elle, contre elle. Sera-t-elle assez forte pour le garder ?

Elle se lève et entraîne Séverin dans la cuisine. En ouvrant les placards, elle trouve de quoi satisfaire leurs estomacs. L’alcool a fait son effet. Ils sont un peu éméchés. Mais il fallait que chacun ait perdue un peu de sa lucidité pour parler et pour écouter. Leur avenir ensemble se joue à cet instant. Elle laisse Séverin installer le pique-nique improvisé sur la terrasse. Pendant ce temps, elle disparaît dans la salle de bain, elle prend une douche froide rapide puis se sèche, se maquille légèrement et enfile sa robe noire. Elle fit glisser le long de ses jambes les bas à jarretières qui vont avec la robe et les escarpins à haut talons.

Elle rejoint Séverin. Celui-ci est ébloui par la beauté nocturne de sa belle.

 - Cette robe te va à ravir, ma chérie. Ne faudrait-il pas appeler la propriété pour donner de nouvelles consignes à Bénédicte et Antoine.

 - Tu as raison, je les avais oubliés.

 Ynès saute sur le téléphone et s’arrête. Elle se tourne vers Séverin.

- Quel est le numéro de téléphone ?

- C’est vrai que tu ne le connais pas !

Il lui dicte les chiffres lentement de sorte qu’elle puisse également les inscrire sur un petit carnet de téléphone qui est posé à côté du poste.

Bénédicte décroche au bout de plusieurs sonneries.

 - Résidence de Monsieur et Madame Oboé.

 Ynès marque un temps d’arrêt, Séverin qui tenait l’écouteur, sourit et chuchote à l’oreille d’Ynès.

 - Bonsoir Madame Oboé.

Ynès jette un regard brillant à Monsieur Oboé.

 - C’est Madame à l’appareil ! (En disant cela, elle a un frisson de bonheur. Jamais elle n’aurait pensé s’entendre dire « Madame » un jour!

- Bonsoir Maîtresse. Antoine me charge de vous dire que les treuils sont en place ainsi que les anneaux. Il me les a montrés. J’ai hâte et lui aussi de les essayer.

Ynès coupe net la conversation.

 - Bénédicte es-tu en position correcte ?

 - Non Madame, .......Oui madame.

 Bénédicte a immédiatement rectifiée sa position.

 -  Bien ! Monsieur et moi, nous ne rentrerons pas cette nuit. Je veux que tu t’installes à plat ventre sur le sommier du canapé. Auparavant, tu attacheras les mains d’Antoine dans son dos. Une fois allongée, Antoine attachera tes mains et tes pieds très écartés. Tes seins devront passer par les mailles et prendre sous le sommier. Pense à prendre un petit coussin pour ta tête. Antoine devra s’enfermer dans le cachot. N’oubliez pas de vous mettre dans la bouche une boule de billard et de la fixer par un torchon. A demain.

Ynès raccroche sans attendre. Elle pose le combiné et rejoint Séverin sur la terrasse. La table est mise. Ils s’installent et dînent. Séverin a même trouvé une bouteille de vin. Ynès attend que ses crampes d’estomac s’apaisent avant de commencer son récit.

 Les lumières de la ville illuminent la terrasse. La pénombre est propice aux révélations. La douceur surprenante de cette nuit malgré la saison fait rapidement place à une humidité marine. Séverin apporte une grande couverture. Il demande à Ynès de se déshabiller entièrement, puis une fois nue la couvre de la couverture. Il s’insinue à l’intérieur. Ils sont tout proches. Ynès se blottit contre lui. Maintenant, elle peut commencer.

 

Sam 20 avr 2013 Aucun commentaire