Samedi 20 avril 6 20 /04 /Avr 10:32

Chapitre 5

Antoine est en position de soumission. Il attend  devant le petit perron de la maison. Il s’agit d’une petite maison construite, comme toutes les maisons de gardiens, à l’entrée du domaine. Un grand portail ferme ce domaine. Ynès entend  une voiture qui passait à faible allure derrière le portail opaque. La maison est coquette. Pas d’étage. Les fenêtres découpées de petits carreaux semblent sourire avec leurs volets bleus et les petits rideaux en voilage fin.

Sans un mot pour Antoine, Ynès pénètre dans l’entrée. La maison s’ouvre sur un petit couloir. A droite se tient la cuisine. Grande, ancienne et rutilante. Bénédicte soigne son intérieur comme celui de son maître. Tout est en ordre. Une cuisinière à bois trône fièrement sur le mur du fond. C’est une de ces cuisinières d’antan qui serve aussi de chauffage. Au fond, s’ouvre une petite porte qui est une réserve. Les étagères sont vides. Bénédicte et Antoine ont toujours pris leurs repas dans la grande maison. A gauche du couloir, un salon. Un canapé et un fauteuil entourent une petite table basse ovale et font face à un poste de télévision. Il n’y a  aucun tableau ni aucune photo sur les murs. Le papier peint sert de décoration. De façon symétrique à la cuisine, une porte s’ouvre sur le panneau du fond. Plus grande que la réserve, la pièce est pleine de cartons et de malles vieilles et poussiéreuses. Une ampoule blafarde éclaire faiblement le fatras. Au fond du petit couloir, deux portes à nouveau. A droite, des toilettes et, à gauche, la chambre à coucher. Un grand lit occupe presque tout l’espace. Une commode complète le mobilier. Le lit est parfaitement tiré.

Ynès ressort. Antoine n’a pas bougé. Ynès observe son sexe. Il est beau et attirant, mais Ynès en a fini avec sa vie ancienne. Il n’y aura plus jamais de Norbert pour l’obliger à satisfaire tous les hommes qu’il rencontrait. Comment pourra-t-elle raconter cela à Séverin ? Comment lui dire, lui avouer qu’elle a fait la pute. Comment même trouver les mots pour expliquer qu’elle a eu des clients réguliers et nombreux ? Ynès ne sait pas encore comment elle s’y prendra  mais son devoir est de tout dire. Son Amour l’exige !

- Antoine, debout ! Je veux que tu sortes tous les vêtements de la maison. Tu retireras du lit toute la literie. Tu mettras dans une valise fermant à clé une seule robe pour Bénédicte, de préférence courte et au corsage échancré,  et,  un pantalon et un chandail pour toi. Tout le reste, tu vas le brûler immédiatement. Puis tu ouvriras le canapé. A son aspect, il me semble qu’il a un sommier à mailles de fer. Tu retireras le matelas : Il restera désormais ouvert et vous servira à tour de rôle pour dormir. Chacun dans son lit. Quand tout cela sera fait, tu viendras chercher tes vêtements. Je veux que tu descendes en ville cet après-midi, tu iras dans un magasin de bricolage et tu achèteras : plusieurs mètres de chaîne, des anneaux à fixer et à souder, six treuils manuels, des manilles et des mousquetons. Commande aussi du bois pour fabriquer des croix et des piloris. Achète aussi deux ou trois serrures de portes à fermeture automatique. Je veux que ce soir un certain nombre de choses soient placées. Viens !

Ynès précède Antoine dans la maison. Elle se dirige vers la chambre.

- Tu placeras à la tête et au pied du lit, un treuil. Tu feras de même au-dessus du canapé. Puis tu fixeras un anneau au quatre coins des deux lits. Il faudra aussi en fixer au plafond pour les treuils. Je veux aussi deux anneaux dehors devant l’entrée. Devant la pergola aussi et devant la maison. Tu installeras les chaînes pour vous puissiez être attachés ou suspendus.

- Je vois très bien, Maîtresse. Vous serez satisfaite.

Ynès poursuit :

- Tu condamneras l’accès à la salle de bain et tu me donneras la clé. Tu vas supprimer les étagères de la réserve et installer quatre anneaux en croix. Nous allons en faire le cachot. Je veux que la porte ait une bonne serrure et que tu pratiques une petite fenêtre grillagée sur la porte.

Ynès regagne le salon et pénètre dans la pièce du fond.

- A quoi cela sert-il ? Ynès désigne ainsi le fatras entassé et poussiéreux.

- Il s’agit de souvenirs de Monsieur. Il nous a demandé un jour de faire disparaître tout cela. Nous n’avons pas osé. Nous avons tout entassé dans cette pièce qui était vide.

- J’ai remarqué qu’il  n’y avait aucune photo au mur. Il semble que vous n’ayez aucun souvenir, aucun passé !

- Maîtresse, je ne veux pas vous désobéir, mais demandez plutôt à Bénédicte de vous répondre. Moi, je ne peux pas...

Ynès est intriguée par la réponse embarrassée d’Antoine. Elle cache un mystère qu’il faudra  élucider un jour.

 - As-tu tout compris ?

 - Maîtresse, partez sans crainte, vous serez servie et obéie.

 -   Il vaut mieux pour toi. Et n’oublie pas que tu testeras tout en premier. Va maintenant.

 Antoine se dirige vers le canapé et l’ouvre. Il retire le matelas de mousse, ouvre la fenêtre et le lance dehors. Puis il se dirige vers la chambre et ressort rapidement avec la literie. Il jeta le tout sur le matelas. Il vide l’unique armoire, extrait une robe d’été, un pantalon léger en toile et un tee-shirt. En choisissant des vêtements d’été, ils auront certainement froid cet hiver mais c’est parfait pour eux. Les vêtements s’entassent rapidement sur le tas. Il se dirige ensuite vers la remise et revient avec un jerrican d’essence. Il asperge le tout et craque une allumette. Sans attendre la suite, il retourna dans la maison. Le feu crépite immédiatement. Une longue langue de fumée noire s’élève rapidement. Les voisins, s’ils existaient, vont se poser bien des questions. Le feu détruit rapidement le monticule.

 Ynès, satisfaite, laisse Antoine à son labeur. Elle emprunte l’allée gravillonnée qui mène à la maison. Elle entre par la porte du salon et se dirige directement vers le bureau de Séverin. Elle croise Bénédicte qui s’affaire à la cuisine. Une bonne odeur de grillade lui saisit les narines. Sa faim redouble.

 Séverin est assis à son bureau. Il est plongé dans une lecture. Ynès s’approche en silence et dépose un baiser sur la nuque de l’homme assis devant elle. Il est habillé. Ynès le trouve très beau. Il porte un ensemble écru en toile et un polo rouille.

Séverin se retourne au contact du baiser. Il prend la main d’Ynès et l’invite à s’asseoir sur le bras de son fauteuil.

- Je suis en train de reprendre contact avec la médecine. Il faut que je révise mes cours si je veux t’offrir ce que je t’ai promis.

- Est-ce toi qui m’opéreras ?

 - Non, je ne prendrai pas ce risque. J’ai besoin de beaucoup travailler pour cela. Je manque de pratique. Mais je veux être capable de guider la main de celui qui te donnera la vie une nouvelle fois. Et puis, je n’ai plus le droit d’exercer. Es-tu prête ? Euh ! Non ! Il faut tout d’abord te vêtir.

- Mangeons d’abord ! J’ai si faim.

Le repas sur la terrasse de la pergola est très agréable. Bénédicte a grillé une côte de bœuf et a préparé une grosse salade verte. Un petit vin rosé du pays accompagne le tout.

Séverin mange rapidement. Il veut descendre en ville et a beaucoup de choses à faire. Ynès qui mange plus lentement, veut profiter de toutes les bonnes choses de Bénédicte. Séverin perd patience. Il finit par prendre la cravache et oblige Ynès à se lever et à lui montrer ses fesses. Elle obéit immédiatement. Séverin  lève la cravache et la rabat plusieurs fois sur les fesses d’Ynès. Les marques du matin n’ont pas disparu. Celles-ci ravivent les douleurs.

Ynès, dès la volée terminée, s’agenouille devant Séverin et lui embrasse les mains. Bénédicte qui arrive pour débarrasser peut assister à toute la scène. Séverin qui pense de plus en plus qu’Ynès a fait exprès, décide de pousser plus loin l’expérience.

 - Remercie ton Maître pour cette fessée puis suce-moi !

- Merci Maître pour cette punition méritée.

 Ynès frissonne de plaisir et de honte mêlés. Séverin change rapidement et devient un vrai Maître. Ynès, sans plus se soucier de Bénédicte, descend la braguette de Séverin. Elle constate qu’il ne porte pas de slip. Séverin, ravi de sa surprise, la prend par les cheveux et l’oblige à approcher sa tête de son sexe.

 - Suce ! Comme tu vois, moi aussi j’ai envie de changer sa façon de me vêtir. Bénédicte, approche et enfonce le goulot de la bouteille de vin dans l’anus de cette dame.

 Ynès qui a enfourné le membre bien développé de son amant, manque de s’étouffer en entendant l’ordre de Séverin. Mais elle ne bouge pas. Elle entend Bénédicte prendre la bouteille et sent bientôt derrière elle le souffle de la gouvernante. Celle-ci s’installe en position de soumission et pose le cul de la bouteille sur le sol. Ynès sent que son esclave enduit son anus de salive. Le doigt passe très doucement sur les replis. La caresse est très agréable et trouble Ynès qui bande légèrement. Puis elle sent le contact du verre froid sur son oeillet. Celui-ci se force le passage et pénètre. Ynès prend encore plus profond le sexe de Séverin. Elle le suce comme une folle. Sa bouche fait des va et vient. Bénédicte qui a atteint le fond de l’anus fait de même. Elle semble vouloir régler ses mouvements sur ceux de sa maîtresse. Séverin jouit de plaisir. Il ne serait jamais cru capable de se faire sucer devant une autre femme. La présence d’Ynès transforme sa vie.

 - Chienne, quand j’aurais joui en toi, je veux que tu violes Bénédicte.

 A ces mots Bénédicte enfourne plus violemment la bouteille. Ynès gémit sous la douleur et enserre encore plus fort le membre viril de Séverin. Son chéri vient de l’appeler « chienne ». Le sperme jaillit en fontaine. Séverin n’arrête pas de déverser sa semence dans la bouche de sa femme. Ynès avale tout. Bientôt, le sexe se ramollit. Ynès continue de le lécher et à aspirer la bitte.

 - Fais ce que je t’ai demandé ! Bénédicte laisse la bouteille bien enfoncée. Ynès tourne toi et donne moi ton gode improvisé.

 Ynès se relève avec précaution. Elle se tourne en s’assurant que la bouteille ne quitta son cul. Elle le relève afin d’offrir la bouteille à son Maître et sent bientôt la main puissante de son amant, maître des mouvements de la bouteille.

 Bénédicte s’allonge sur le sol et écarte ses cuisses. Ynès défait ses chaînes et dégage le gode vaginal. Elle oblige son esclave à ouvrir la bouche et l’y enfourne. Puis elle s’allonge entre les cuisses et introduit son sexe entre les lèvres. Cela ne fait pas beaucoup d’effets à Bénédicte qui est habituée à être davantage forcée par son Antoine. Mais le viol par sa maîtresse est une bénédiction du Maître. Ynès encouragée par la bouteille qui a repris ses mouvements, entame, à son tour, un limage de la vulve en règle. La jouissance vient très vite. Séverin sent tout le dégoût que cela provoque en Ynès mais il est nécessaire que Ynès fasse cela devant lui. Ynès sort très vite son sexe baveux. Elle reprend le gode de la bouche de Bénédicte et lui remet en place. Elle serre les chaînes et lui ordonne de disparaître.

 Une fois seuls, Ynès sent que son amant retire le goulot de la bouteille de son cul. Elle se tourne vers lui.

 - Je sais tout ta répugnance à faire l’amour ainsi. Mais je veux être sûr que l’ablation d’une partie de ta virilité masculine est possible. Je sais maintenant que nous ne nous trompons pas. Veux-tu un peu de vin ?

Ynès saisit la bouteille, la met dans sa bouche et avant de boire, la nettoie. Puis elle boit lentement une longue gorgée de vin. Séverin lui saisit la bouteille et, à son tour, boit une gorgée.

Puis se levant, il prit la main d’Ynès et l’entraîne vers la maison. Sur le dossier d’un fauteuil, un imperméable est posé.

 - Mets ceci pour ne pas affoler la populace en ville. Nous replongeons dans le monde des autres.

 Ynès noue le vêtement. Elle voudrait lui dire combien elle l’aime et combien le nom de chienne lui va bien, même devant Bénédicte mais elle ne dit rien. Elle obéit. Elle se sent presque mal à l’aise de devoir enfiler à nouveau quelque chose sur sa peau. Séverin se dirige vers sa voiture, lui ouvre galamment la portière droite et, faisant le tour, prend le volant. Il met le contact. Une télécommande permet l’ouverture du portail. La voiture démarre sèchement et prend une route boisée qui longe le mur extérieur de la propriété.

Ils débouchent bientôt sur un espace découvert. Ynès en a le souffle soupé. Séverin arrête un instant la voiture sur le bas côté. Ils descendent du véhicule. Séverin lui a dit que la maison était située sur une colline. Ynès ne peut pas s’imaginer que cette colline surplombe la côte. Elle a sous ses yeux une vue magnifique de la baie. La ville est sous ses pieds. Le soleil encore timide en cette saison recouvre d’or tout le paysage.

 - Viens, nous allons affronter ensemble tout ce qui nous faisait peur jusqu’à présent. Contrairement à cette vue de carte postale, notre trésor ne se trouve pas là mais en nous !

 Il est près de quinze heures. Les magasins sont ouverts. La priorité va aux vêtements pour Ynès. Séverin l’emmène dans une boutique où Ynès n’a jamais osé aller à cause des prix. Séverin explique à la vendeuse ce qu’il veut. La femme jauge Ynès. Elle se demande sûrement pourquoi la jeune femme porte un imperméable par ce temps si ensoleillé, mais la discrétion est de rigueur dans la boutique.

Elle revint au bout de quelques instants avec plusieurs robes.

Ynès passe dans le salon d’essayage avec Séverin. Celui-ci demande à la vendeuse d’attendre dehors.

Une fois seuls, Ynès retire son imperméable et enfile la première robe. Elles ont toutes le même style : courtes, bien au-dessus des genoux. Serrées en bas mais plus amples à la taille. Séverin pense à tout. Il prévoie sans doute un gonflement inopiné de la queue. Le corsage laisse toujours une très belle vue sur les seins. L’agrafage se fait toujours par devant à l’aide de boutons. Seule une robe noire a une fermeture éclair qui s’actionne aussi bien par en haut que par en bas.

Toutes les robes vont à ravir à Ynès. Elle s’en remet à Séverin. Il choisit la noire, une bleue pâle et une rose.

- La rose sera pour le matin, la bleue pour l’après-midi et la noire pour le soir. Il rappelle la vendeuse pendant qu’Ynès repasse la bleue. Séverin demande à voir des chaussures assorties et des bas à jarretières.

La vendeuse tique légèrement en entendant Séverin demander des jarretières. Elle lance un regard interrogateur à Ynès que ne lui fait aucun signe en retour. La vendeuse s’exécute et revient avec les articles demandés. Comme elle a un goût sûr, elle a choisi exactement ce qui convient. Pendant que Séverin va payer, Ynès enfile une paire de bas et les chaussures.

La vendeuse revient chercher les vêtements.

- Voulez-vous me donner votre robe, s’il vous plaît !

- Il n’y en a aucune, répondit Ynès d’un ton neutre.

- Oh ! Je vois, dit la vendeuse. Elle repart vers la caisse. Ynès note qu’elle a rougi.

 Ynès sort enfin de la cabine. Elle marche lentement et sûrement vers la caisse. Elle est accueillie par des regards admiratifs de la vendeuse, de plus en plus rouge, de deux clientes du magasin. Mais le regard le plus doux est celui de Séverin. Ynès se redresse.

La vendeuse tend le gros paquet à Ynès et lui glisse à mi voix.

- Bravo, vous êtes très belle. Je vous admire beaucoup. J’aimerais que mon fiancé me promène toute nue dans la ville...

Elle ne finit pas sa phrase car une cliente vient de l’entraîner plus loin vers le rayon des robes de soirée. La vendeuse s’exécute de plus en plus rouge et lance un dernier regard admiratif vers Ynès.

Ynès sort du magasin au bras de Séverin.

 - Tu es superbe ma chérie. Je vais t’obliger à porter plus souvent des robes. Je crois même que je préfère que tu ne sois pas toute nue à la maison.

Et sans laisser à Ynès le temps de lui répondre, il enchaîne.

 - Je dois maintenant voir un ami pour ce que tu sais. Mais je dois le voir seul. Je te propose de nous retrouver dans une heure sur la corniche où je t’ai sauvée. Tu dois toujours me raconter ta vie. J’ai très envie de l’entendre mais à une seule condition que tu le fasses chez toi sans autre témoin.

- Tout ce que tu veux mon chéri. Mais disons plutôt deux heures. Si tu veux que je sois habillée à la maison, je veux bien mais de façon spéciale. Et puis je dois aller faire quelques emplettes pour nos deux esclaves. J’ai … Ynès hésite à dire cela : seulement, j’ai  besoin d’argent.

 Séverin lui confie sa carte bleue et lui chuchote le code à l’oreille.

- Fais selon tes besoins et crédit illimité.

Il embrasse la jeune femme et s’éloigne très rapidement. Ynès le regarde partir. Elle ne reprend son chemin qu’une fois Séverin disparu de sa vue.

Et son chemin la conduit vers un quartier de la ville que Séverin ne doit pas connaître. On l’appelle la Basse-Ville, ou Chicago. C’est le lieu où tous les gens en mal de sexe se retrouvent pour lier plus vite connaissance. Les putes ont leur « bureau » dans les bars sombres. Le quartier offre aussi un abri aux magasins spécialisés dans les choses du sexe. Ynès connait bien l’un d’entre eux. Le propriétaire a été un de ses amants. C’est lui qui l’a poussé à vouloir faire autre chose, à s’en sortir. Elle lui doit aujourd’hui la vie. C’est grâce aussi à lui qu’elle a trouvé un logement dans cette ville inconnue et un travail. Sûrement que Marvin, c’est le nom de son sauveur, doit se faire du soucis.

Elle pousse la porte du sex shop. Marvin lève les yeux et un grand sourire lui fend le visage en deux.

- Ynès, ma poule, enfin toi ! Mais où étais-tu passée ?

 Comme à son habitude, Marvin pose plus de questions qu’Ynès ne peut y répondre. Elle le prend par le bras et l’entraîne dans l’arrière boutique.

Elle lui met la main devant la bouche pour obtenir enfin le silence.

- Je vais bien et je vis une histoire d’amour incroyable. Je suis heureuse, enfin !

- C’est sérieux ? J’ai entendu l’autre jour, un client qui disait avoir vu une fille se jeter dans la mer dans ton immeuble. Comme tu avais disparu, j’ai cru que c’était toi. Mais comme je ne pouvais pas aller voir la police, j’ai dû me taire et attendre que tu refasses surface.

Marvin embrasse Ynès.

 - Je suis très heureux pour toi. Si tu es heureuse, tu n’as que ce que tu mérites. C’est... C’est un ...

 - Homme ou femme ? C’est bien cela ta question ?

 - Oui.

 - C’est un homme merveilleux qui  recherchait depuis longtemps une femme dans mon genre. Regarde les vêtements qu’il vient de m’acheter. Non je suis heureuse avec un homme qui sait tout de moi ou presque.

 - Tu ne lui a pas tout dit ?

 - Non, mais il en saura plus tout à l’heure.

- Es-tu bien sûre de vouloir lui  révéler toute son ancienne vie, surtout chez Norbert ?

 - Oui sûr. Il a le droit de me connaître et je n’ai pas le droit de lui cacher quoique ce soit.

 - Si tu penses que c’est mieux, tu es seule juge. Que puis-je faire pour toi ?

 - Je viens te voir en cliente et en amie. Je sais que tu ne me trahiras jamais. As-tu des nouvelles de Norbert ?

 - Je le vois régulièrement dès que je porte ma cargaison au manoir. Il t’a cherché longtemps. Il ne sait rien pour nous. Il m’a parlé lors de ma dernière visite d’un possible enlèvement par un mafieux sicilien. Et comme il est peureux, il m’a avoué qu’il  préférait faire une croix sur toi. D’ailleurs, il m’a avoué qu’il avait largement gagné avec toi et qu’il avait dix fois amorti ton prix d’achat. Il a rajouté,... excuse moi, .... « cette salope peut bien faire bander les tantouzes siciliennes maintenant ». Chez moi, elle ne valait plus un kopek !

- Quel salaud ! Il a bien fait son beurre sur moi. Laissons-le croire aux mafieux siciliens. Il ne sait et ne saura jamais combien il ne rend service...

 - Tu as dit que tu venais en cliente. Tu n’as donc pas arrêtée complètement ?

- Si mais les goûts sexuels de mon amant vont dans le même sens que les miens. J’ai besoin d’un certain nombre d’articles. Mais ne t’inquiète pas, je paie.

 Et Ynès sort la carte bancaire de Séverin.

- Écoute ma poule, je t’offre tout ce que tu veux à la condition que tu ne me révèles jamais avec qui tu vis. Je ne veux pas que tu paies. Ainsi je n’aurais pas de trace de ton passage. L’appartement est à mon nom. Je veux que tu m’oublies et que tu sois heureuse. Tout ce que tu prendras est un cadeau de mari...

-.... De mariage. Tu peux le dire. Merci. Nous avons été amants avant de devenir amis. Je t’aime beaucoup et veux respecter tes désirs. Tu n’entendras plus jamais parler de moi après aujourd’hui. Laisse-moi deux jours pour débarrasser ton appartement. Tu recevras les clés par la poste.

Marvin acquiesce puis lui met une claque sur les fesses.

 - En souvenir du bon vieux temps. J’avertis la vendeuse. Tu connais la maison, sers-toi et pars. Je suis heureux de te savoir en vie et j’ai confiance en toi pour le reste. Conserve moi ton amitié même si nous ne nous voyions plus jamais. Ta sécurité est plus importante à mes yeux.

Ynès dépose un baiser sur les lèvres de Marvin et sort. Elle fait rapidement le tour des rayons et avec l’aide de la vendeuse choisit tout ce dont elle a besoin. Après un dernier signe à Marvin, elle sort.

En passant la porte de la boutique, elle tire un trait définitif sur sa vie passée. Les bonnes nouvelles de Marvin lui enlèvent un énorme poids de ses épaules. Elle peut tout dire à Séverin maintenant.

 Elle arrive avec un peu de retard à leur rendez-vous. Séverin est accoudé sur la rambarde de la promenade du bord de mer et regarde fixement vers les rochers où Ynès a voulu en finir.

- Que de tristesses dans ce regard, fait Ynès en s’approchant de lui. Elle dépose ses paquets et se jette à son cou.

 - Mon chéri, j’ai de grandes nouvelles pour nous.

 Séverin se dégage doucement.

 - Moi non.

La dernière parole de Séverin est tombée comme une claque. Ynès reste immobile à attendre la suite.

 Séverin la prend par l’épaule.

 - Montons chez toi. Certaines choses ne doivent pas avoir de témoins !

- Mais je réalise tout à coup que je n’ai pas de clé.

- Je m’en suis occupé pendant ton coma léger. Pensant que tu voudrais rapidement retourner chez toi, j’ai fait venir un serrurier. Il a fait un jeu de clés.

 - Mon chéri, je t’aime. Tu penses à tout.

- Je le croyais aussi jusque là !

 Ynès ne dit plus un mot. Les paroles de Séverin la troublent. Un malaise prend naissance alors que Marvin a dissipé celui  qui l’empêchait de respirer. Que veut dire Séverin. A quoi correspond son air de chien battu. L’aime-t-il toujours ? Cette question est trop douloureuse.

Ynès laisse tomber ses paquets et s’immobilise à nouveau.

- Séverin m’aimes-tu toujours ?

- Oui mon amour. Je t’aime comme un fou. Tu ne dois plus jamais en douter. Si mon air te rend inquiète, il n’a rien à voir avec cela. Je t’ai dit que je devais voir un ami tout à l’heure. Il devait me donner des conseils pour ton opération.

 - Et alors, ce n’est pas possible ?

 - Si ! Mais ce sont ses conditions qui ne me plaisent pas !

Par sentiments-et-soumission - Publié dans : Ynès - Communauté : plaisirs SM
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